L'IMPORTANCE DES REPRÉSENTATIONS

par  PHI-VÂN NGUYEN

traduction libre par  SIMON BOILY

décembre 2019


La réponse humanitaire à la crise répondit à des objectifs politiques. Les opinions publiques n’étaient pas toujours en accord avec les promesses faites par leurs gouvernements à la conférence de 1979. Qu’est-ce que cela nous montre par rapport à la protection des réfugiés ? Comment décide-t-on de protéger des réfugiés ? Et comment cette décision se met-elle en œuvre dans la pratique ? Ce projet de recherche souligne les dimensions légales, politiques, et culturelles de la protection des réfugiés. Il démontre que les perceptions sont le meilleur moyen de comprendre en quoi ces trois dimensions interagissent les unes avec les autres. Le fait que des interprétations divergent n’exclut pas une protection efficace. Celles-ci, d’ailleurs, changent aussi avec le temps.

Les Interprétations contestées du déplacement

Initialement, les états ne s’accordaient pas sur la nature du déplacement des personnes en Asie du Sud-Est. Le HCR considéra que ces gens étaient des réfugiés. Les pays sud-est asiatiques préférèrent l’emploi des termes “boat people” ou d’“immigrants illégaux.” Le Vietnam pensait qu’ils étaient des évacués. La Chine, à son tour, considéra d’abord qu’ils étaient des ressortissants qui méritaient une protection. Puis, Pékin accepta l’idée qu’ils étaient des réfugiés.1 Les divergences de représentations révèlent plusieurs dimensions de la protection des réfugiés. Où se situe la personne déplacée par rapport à la communauté internationale ? Les états ont-ils une obligation légale de les protéger ? En dépit des différences majeures dans leurs perceptions, les états trouvèrent néanmoins un compromis efficace.

Les Trois dimensions de la protection des réfugiés

Les dimensions politiques et culturelles de la protection des réfugiés sont aussi importantes que les standards légaux. Tous les états n’étaient pas des signataires de la convention de 1951 relative au statut des réfugiés. La conférence de 1979 permit malgré cela d’établir un système coordonnant l’asile temporaire et permanent. Celui-ci fut non seulement efficace et de longue durée. Sa protection s’étendit au-delà des standards de la protection des réfugiés afin d’inclure les personnes qui n’avaient pas prouvé qu’elles craignaient, avec raison, être victimes de persécution. Les préoccupations humanitaires furent une motivation majeure pour cette réponse coordonnée. En dépit de cela, l’élan principal qui motiva cette initiative vint de la Troisième guerre d’Indochine, lorsque les intérêts des états convergèrent vers une intervention humanitaire qui combinait leurs intérêts politiques. La détermination de Pékin à punir le Vietnam correspondait aux souhaits de Washington, d’isoler ce pays. Londres avait urgemment besoin de protéger Hong Kong de l’arrivée incessante de réfugiés.2
olitical and cultural dimensions of refugee protection matter as much as legal standards. Not all countries were party to the 1951 Convention related to the status of refugees. Yet the 1979 conference established a system of temporary and permanent asylum. It not only proved effective and long-lasting. Its protection also went beyond existing standards of refugee protection to provide resettlement without establishing whether people had a well -founded fear of persecution. Humanitarian concerns were a major motivation for this coordinated response. But the main thrust came from the Third Indochina War when States’ interests converged. Beijing’s determination to punish Vietnam joined Washington’s wish to isolate Vietnam. London urgently needed to shield Hong Kong from new arrivals.3

Cultural representations also influence refugee protection in various ways. States had a different perception of the crisis, who were the main victims and who or what were the main reasons for the population movement. So did public opinions. Media representations shows us that there was not one, but several stories of displacement. Discussions on refugees also reveal broader foreign policy debates. How to balance humanitarian and political interests? Should humanitarian interventions serve political objectives? They also ask important questions on domestic politics. Whose responsibility is it to protect vulnerable aliens? Should private citizens, provinces or the federal government accept and take care of refugees? And once in the host country, should refugees be considered as immigrants? These three dimensions show us that refugee protection calls for broader discussions. It questions the role of the state, the border of communities, and the responsibility human beings have for one another.


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References

  1. Leur statut sur les cartes d’identité était “guigo nanmin” ce qui signifiait : réfugiés étant revenus en Chine, Song, Lili. “China and the International Refugee Protection Regime: Past, Present, and Potentials.” Refugee Survey Quarterly 37 (2018): 139–61. Sur sa position légale, voir Chiu, Hungdah. “Current Developments: China’s Legal Position on Protecting Chinese Residents in Vietnam.” American Journal of International Law 74, no. 3 (1980): 685–93.
  2. La situation critique sur cette colonie britannique constitua la motivation principale pour accélérer le processus de la part de Londres. L’idéologie et l’opposition au communisme vietnamien en furent une autre. Le gouvernement Thatcher prit même en charge après les États-Unis la mission de soutenir les Khmers rouges en fournissant de l’entraînement militaire, Pilger, John. “How Thatcher Gave Pol Pot a Hand.” The Newstatesman, 17 April 2000.
  3. The emergency situation in Hong Kong was the main reason London sped up the process. Ideology and opposition to Vietnamese Communism  was another. Thatcher's government even took over US support to the Khmers Rouges by providing training, Pilger, John. “How Thatcher Gave Pol Pot a Hand.” The Newstatesman, 17 April 2000.